COMMUNIQUÉ DE PRESSE   

Jeudi 12 mars 2009

 

URSULES : LE DIALOGUE DES PROJETS


Les associations ARCO, la FRAPNA, la SPPEF et les Amis du Vieux Saint-Etienne avaient chacune fait parvenir au Maire un courrier au sujet du projet de construction d’un “mégastore” sur la place des Ursules, en lieu et place de l’actuel parking.
Suite à la conférence de presse organisée par les quatre associations et aux articles publiés dans la presse, les représentants de ces associations étaient invités, le jeudi 12 mars en fin de matinée, à une réunion de travail à la Mairie pour clarifier les positions de chacun.
Si cet échange de vues a permis  au Maire et à son équipe de rassurer en partie leurs interlocuteurs en affirmant que beaucoup d’hypothèses de travail restaient encore ouvertes et qu’une large concertation / collaboration était envisagée, deux attitudes opposées se sont affirmées quant aux options fondamentales du projet.
Deux approches qui ne se recoupent pas : d’un côté, pour la municipalité, une tentative de relance du « cœur de ville » par des voies essentiellement commerciales, de l’autre une démarche de reconquête patrimoniale de l’espace le plus réussi de l’hypercentre , à des fins de requalification urbanistique et identitaire de la ville et de son image, une démarche qui intègre aussi la question économique mais dans une perspective plus globale.

On a donc deux projets dont on peut ainsi définir les contours :

Selon l’équipe municipale,
l’emplacement idéal pour ce centre commercial serait celui résultant de l’occupation presque totale de l’espace des Ursules, c’est-à-dire en remplissant au moins aux 2/3  le vide urbain créé au XIXe siècle, et rempli en 1968 par la construction du parking.
En espérant un effet de synergie par la concentration de grandes enseignes nationales regroupées au sein d’un seul bâtiment, l’équipe municipale espère développer une attractivité commerciale sur ce lieu et ainsi inciter ces grandes enseignes soi-disant désireuses, avant la crise, d’abandonner les périphéries pour les centres villes à choisir cet espace commercial.
Mais la construction d’un bâtiment imposant, de plusieurs niveaux, fermerait toutes les perspectives et réduirait la place réservée à l’espace public à la simple prolongation de la place Waldeck Rousseau. 

Selon les associations,
il est au contraire prioritairement souhaitable de rétablir dans son intégrité l’ensemble de l’espace public d’origine, le seul d’une ampleur qui soit à l’échelle de la ville et qui ait la plus grande valeur emblématique.
La création d’une nouvelle offre commerciale se ferait alors en périphérie de cet espace (coté nord de la rue Ronsard et linéairement  à la base de la colline des Beaux-Arts dans l’esprit des arcades perdues …) en complétant peut-être par une partie semi-enterrée, sous une place à multiples niveaux. Cette opération serait associée simultanément au recyclage de lieux commerciaux actuellement inoccupés dans l’environnement proche ...
Cette proposition respecterait l’esprit de l’ensemble urbanistique tel qu’il a été pensé fin XIX°, il préserverait un vide urbain essentiel à la recréation nécessaire de grandes perspectives urbaines et il l’enrichirait, tout autour, et/ou au-dessous, par une intense activité commerciale, participant du grand projet municipal de piétonnisation et de relance commerciale du « cœur de ville ».

Il serait souhaitable, si l’on veut laisser vraiment ouvert l’éventail des hypothèses d’implantation, que le cahier des charges qui sera soumis aux futurs opérateurs, aux futurs maîtres d’œuvre, comporte ces deux options de départ pour espérer voir surgir des solutions inventives pouvant répondre à la grande complexité du problème urbain que cela pose. Faisons confiance à la créativité des architectes-urbanistes

En n’offrant aux opérateurs que l’unique solution d’ériger un bâtiment en lieu et place de l’actuel parking, on se priverait de réponses qui pourraient s’avérer urbanistiquement très séduisantes et
on sacrifierait irrémédiablement  le dernier espace public d’envergure, espace dont le potentiel urbain, patrimonial et touristique pourrait être mis au profit de l’image de la ville et de son rayonnement.

Les associations engagées dans cette réflexion espèrent vivement pouvoir établir un dialogue constructif avec l’équipe municipale, à condition que les options fortes qu’elles défendent ne soient pas déjà totalement rejetées ou contournées, avant même l’ouverture du débat public souhaité par tous.


 

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