2. Les demandes et compte rendu officiels 2.1 Au Ministre de la Culture de classement d'urgence
Administration
Saint-Etienne, le 10 juillet 2004 Monsieur le Ministre, Le projet de Cité du Design de l'agglomération stéphanoise est désormais rendu public. Ce projet prévoit la poursuite de la destruction du site actuel, en particulier les résidences des directeurs et la cour d'honneur, les bâtiments administratifs en façade principale. Le site perd ainsi toute sa cohérence architecturale et tout son sens. Les jardins associés sont menacés. Or, la MAS constitue un ensemble architectural unique, à forte valeur patrimoniale, sociale et historique préservée à ce jour dans son dessin original. - Architecture industrielle du XIXe siècle, typique du Second Empire : plan classique, implantation géométrique, espace rythmé plein et vide, associant bâti de travail et de vie (cantine, réfectoire, dortoir) encadrée des hôtels directoriaux, “petits châteaux” urbains agrémentés de parcs paysagers aux jardins suspendus. Ces habitations comportent des éléments : parquets, cheminées, trumeaux, staff, boiseries, ferronneries... typiques du décor de la haute bourgeoisie du temps et de son mode de vie. - Architecture sociale et fonctionnelle : où cohabitent l'ouvrier, le technicien, l'ingénieur et le directeur-maître, mais encore le civil et le militaire (spécificité de production manufacturière). - Architecture militaire : plan fermé, mur d'enceinte, jardins suspendus, balustrade, grille, uniformité du bâti avec dominance du bâtiment administratif, poste de commandement, place d'armes, pavés des cours, espace martial. Saint-Etienne est une ville d'armes. “Armeville” révolutionnaire, elle nourrit l'indépendance américaine de sa production et l'histoire de France. Sortent d'ici le Chassepot et le FAMAS et tant d'inventions ou d'améliorations techniques et technologiques. - Architecture urbaine : Le site s'inscrit dans la spécificité stéphanoise, unique combinaison européenne d'un plan néoclassique et d'un tissu urbain de bâtiments industriels. Le site s'ouvre directement sur l'axe nord sud de la Grand'Rue, et à l'ouest sur les premières voies de chemin de fer continentales (axe Andrézieux-Roanne-Paris, nord, axe Lyon, sud). L'état présent des bâtiments est remarquable. Bien entretenus par GIAT jusqu'à ce jour, ils sont en très bon état, d'un entretien et d'un aménagement simples. Les jardins des bâtiments directoriaux constituent deux espaces verts intéressants par leur construction (suspendus), leurs végétaux (feuillus et arbustes d'agrément, pelouse) et leur situation privilégiée en centre urbain. Le projet les affecte gravement alors que les arbres, désormais centenaires, sont en plénitude de croissance. A ces titres notre société sollicite de votre autorité le classement en urgence du site de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne au titre des Monuments Historiques. Saint-Etienne s'est vue reconnaître le label Ville d'Art et d'Histoire pour son patrimoine XIXe et XXe. Ce classement sera dès lors emblématique de ce statut privilégié. Sinon comment justifier le label et la destruction du site qui le caractérise le plus ? Enfin Saint-Etienne, compte trop peu de sites classés et son actualité est malheureusement entachée de trop de démolitions qui sont l'opprobe d'une politique citoyenne. Restant à la disposition de vos services pour en discuter au niveau de votre Cabinet,
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de notre plus haute et plus parfaite considération.
RECOMMANDÉ A.R.Demande de classement d'urgence * Monsieur le Ministre, Nous souhaitons vous préciser les raisons de la demande citée en objet que nous avons cosignée avec l'association des Amis du Vieux Saint-Etienne et la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France. Jusqu'à ce jour, tant les représentants de la ville de Saint-Etienne que ceux de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Rhône-Alpes nous avaient toujours rassurés sur leur ferme intention de veiller à la conservation de l'intégrité du site (cf. lettres du 27/12/1990, 24/01/1991, 26/03/1997 et 8/02/2001). Manufacture royale sous François Ier, puis manufacture impériale sous le second Empire, elle tient une place importante dans l ‘histoire manufacturière française et ne fait qu'un avec celle économique et sociale de Saint-Etienne. Mais au-delà de ces considérations, la prégnance qui se dégage de ce site cohérent et préservé constitue un atout de développement économique pour le Saint-Etienne d'aujourd'hui. Sa castration serait-elle la seule solution pour la réalisation du Centre International du Design décidée par la municipalité ? Pas du tout ! En effet, il existe au moins 3 voies ouvertes à une réalisation fructueuse du Centre de Design. 1 2 3 Ainsi, notre association, agréée par la Préfecture au titre de l'urbanisme de Saint-Etienne et de l'environnement pour l'ensemble du département de la Loire, n'a pas vocation directe à militer pour la préservation du patrimoine mais à intervenir pour la valorisation de l'Image Extérieure du département et de sa ville-centre. Vous l'avez compris, notre propos n'est pas d'engager une défense sourcilleuse de vieilles pierres (nous demandons de façon instante que soit réalisé sur la ville un geste architectural), mais de proposer de magnifier une Potentialité Majeure permettant d'offrir un Vecteur Permanent de Communication pour Saint-Etienne. Le sacrifice de la manufacture d'Armes, comme celui d'Abraham, est un sacrifice inutile ; il n'est du reste pas demandé par le dieu de la Modernité. Si, par malheur, les destructions prononcées venaient à être exécutées, le ministère devrait, pour ne pas les cautionner, supprimer le label de ville d'Art et d'Histoire à la ville de Saint-Etienne. Recevez, Monsieur le Ministre, l'expression de notre parfaite considération.
* Notre territoire connaît parfaitement les vertus du classement d'urgence, c'est cette procédure qui a sauvé les fondations de l'église LE CORBUSIER à Firminy menacée directement de démolition. Aujourd'hui, le classement de l'ensemble architectural LE CORBUSIER de Firminy par l'UNESCO est en bonne voie…
Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres
Un dossier de classement d'une partie du site a été déposé dans vos services en 1997 par l'association Arco (16 rue Général Foy à St Etienne). Aujourd'hui, devant les menaces, nous nous joignons à cette association et vous demandons le classement d'urgence de l'ensemble encore en place des bâtiments de l'ancienne Manufacture d'Armes Stéphanoise.
2.2 Aux élus de Saint-Etienne Métropole, de réexamen du projet.
Amis du Vieux Saint-Etienne
Saint-Etienne, le 10 novembre 2004
Centre du Design / Manufacture Impériale d'Armes de Saint Etienne
Madame, Monsieur, L'intercommunalité est une grande idée, elle mérite réflexion et dialogue, nous nous permettons, vu les enjeux, de nous y inviter En juin dernier, vous avez, comme membre de Saint Etienne Métropole, validé le projet architectural du Centre du Design et approuvé son implantation sur l'espace ouest de la Manufacture d'Armes de Saint Etienne, sans considération ou information de la valeur patrimoniale des jardins et bâtiments directoriaux du XIX siècle présents, qui explicitent ce site manufacturier urbain, mémoire sociale et industrielle de notre Métropole et sa cohérence dans la lecture architecturale de la ville distinguée par ailleurs du Label de Ville d'Art et d'Histoire. En effet, le projet architectural dévoilé détruit ces éléments les plus marquants de la Manufacture et annihile sa cohérence d'entité bâtie, alors que l'espace spécifique du site (40 hectares) comme le génie espéré du projet devraient, au contraire, articuler dans une intelligente cohabitation architecturale la construction d'éléments modernes et magnifier l'ordonnancement martial, spécifique et emblématique de cet ensemble manufacturier, unique combinaison patrimoniale européenne d'un plan néoclassique et d'un tissu urbain de bâtiments industriels. Nous vous proposons, par la présente, de repenser ce projet et de le fertiliser par un autre positionnement géographique. Le projet actuel du Centre du Design le positionne à l'ouest du site de la Manufacture en façade de la rue Bergson sur l'axe nord sud de la Grand rue en fermeture de perspective face à la colline de Montaud. C'est un positionnement stéphano-stéphanois, sans aucune ouverture sur la métropole. Ne peut-on pas plus positivement l'imaginer sur l'Est ?, sur les terrains nus du côté Boulevard Thiers avec une plus heureuse quadruple ouverture aux complémentarités
Cette proposition conforte une installation maintenue sur le site de la MAS donc l'intervention d'Epora et l'attribution des fonds FEDER et autres cofinancements. Ce positionnement intelligent, dans un projet de site exemplaire, distinguerait alors, sous votre autorité, le Design stéphanois dans la cohérence sociale et économique de son agglomération. Enfin, cette solution permettrait alors la sauvegarde des bâtiments Ouest du site actuellement menacés par le projet architectural Lin (bâtiments des directeurs et administratifs) pour lesquels nous vous proposons une réutilisation en extension universitaire ou cité "Villa Médicis" du Design qui accueillerait sur des séjours variables des artistes ou étudiants chercheurs en design s'engageant dans la vie professionnelle, afin de leur permettre de mener à bien un projet dans un contexte culturel extrêmement enrichissant et en bénéficiant de conditions optimales. Un concours sélectif pourrait avoir lieu dans le cadre des Biennales Internationales du Design et les séjours cofinancés par des partenariats publics et privés internationaux. Vous comprendrez qu'il serait pour beaucoup d'entre nous (*) contradictoire de voir d'un côté l'excellente initiative de Saint-Etienne Métropole d'achèvement du site majeur Le Corbusier de Firminy et d'un autre côté la désastreuse initiative de Saint-Etienne Métropole démolissant le site majeur de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne. Cette destruction, absolument sans justification, provoquera la disparition d'un atout de communication extérieure et touristique dont Loire Sud a un vital besoin. Cité moderne à Firminy et cité industrielle idéale à Saint-Etienne sont magnifiquement complémentaires pour créer une synergie d'appel du public européen. La mise en présentation de la Manufacture Impériale, véritable dépaysement historique et culturel avec ses hôtels particuliers, ses pavillons administratifs, l'architecture classique de ses ateliers de production, son réseau de galeries souterraines, ses jardins à l'anglaise, ses rues et ses places, ferait d'elle un Puy du Fou, un Arc et Senans pour le Second Empire. Cette lettre vous est adressée afin de prendre date par rapport à l'histoire naissante de Saint-Etienne Métropole, afin que ne puisse être dit que ses responsables n'ont pas été prévenus en temps utile, afin que l'on sache que la société civile a rempli son rôle. Nous restons bien entendu à votre disposition pour en discuter et enrichir votre opinion au profit du développement partagé de notre agglomération.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, l'assurance de notre plus parfaite considération.
(*) P.S. : ouverte en plein été, la pétition pour sauver la Manufacture Impériale a déjà recueilli plus de
Monsieur le Sénateur-maire, Informés du projet d'aménagement du site de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne, nous avons participé à la conférence de presse organisée le mardi 25 janvier 2005 sur ce sujet. La FAPI, qui fédère 70 associations de patrimoine de l'Isère et rassemble ainsi 8000 isérois défenseurs de leur patrimoine, adhère au désir de sauvegarde de ce site qui revêt un intérêt régional et même national par son histoire et sa grande qualité architecturale. Conscients de l'enjeu économique qu'un tel projet représente pour l'avenir de votre ville, nous avons été particulièrement intéressés par le projet de M. Pierre TROTTON, président des Amis du Vieux Saint-Etienne, qui prend en compte la sauvegarde du patrimoine exceptionnel que constitue le site de la Manufacture et le développement économique de Saint-Etienne. Nous souhaitons que le groupe de travail qui réfléchit sur les projets d'aménagement pourra étudier sérieusement la proposition de M. Trotton, car le site de la Manufacture ne gardera son intérêt et sa cohérence qu'à condition d'être conservé dans son intégralité. En espérant que notre courrier retiendra toute votre attention, veuillez agréer, Monsieur le Sénateur-maire, l'expression de nos sentiments distingués.
P.J. Copie de la lettre à M. Lacroix, Préfet de Région
2.3 Au Préfet de Région, d'inscription à l'ordre du jour de la C.R.P.S.
Saint-Etienne, le 22 novembre 2004 Monsieur le Préfet, A la suite de notre courrier du 28 septembre 2004, nous avons l'honneur de devoir attirer à nouveau votre attention sur la situation actuelle de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne. En effet, nous avons été déçus mais surtout particulièrement surpris d'apprendre que n'avait pas été portée à l'ordre du jour de la C.R.P.S. de novembre la question de la protection de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne. Du reste, nous avions formulé cette demande à titre de simple précaution, et dans notre esprit comme presque superfétatoire, tant la D.R.A.C. nous avait assuré par ses positions antérieures que, naturellement, elle diligenterait elle-même cette mise à l'ordre du jour. Est-il nécessaire de rappeler les courriers que nous avons reçus ? Comme il est constant que le site, démilitarisé depuis 3 ans, est parfaitement accessible, que comme nos propres associations, la D.R.A.C. n'a pas manqué de constituer un dossier d'appréciation historique, sociologique et architectural et de présentation scripturale et photographique, tous les éléments de présentation du dossier en C.R.P.S. sont rassemblés. Bien entendu, est-il nécessaire de le répéter, nos associations ne demandent pas la conservation de tel pavillon, telle grille ou autre horloge, nous avons pris depuis longtemps la mesure, comme la D.R.A.C. elle-même, de ce que la Manufacture Impériale de Saint-Etienne est unique en France par son ordonnancement, son intégrité et sa complexité architecturale, fonctionnelle et urbaine ; expression, sous le Second Empire, de la cité industrielle idéale.Faut-il citer ses rues, ses places, ses jardins, ses bâtiments d'habitation, d'administration et de production, son monde de galeries souterraines, le tout dans un état exceptionnel de conservation. En aucun cas, car il existe au moins trois excellentes solutions pour le développement de ce projet ne remettant pas en cause l'intégrité du site majeur de la Manufacture - le grand architecte français Rudy RICCIOTI propose de se glisser dans la peau des édifices dans une démarche proche de celle de la pyramide du Louvre - le projet de l'agence berlinoise LIN, retenu par le jury, peut judicieusement être positionné sur les vastes terrains libérés par la destruction des bâtiments du GIAT (et singulièrement le long du boulevard Thiers ouvert sur les zones de développement de la ville et de Saint-Etienne Métropole) - une Architecture-Signal s'établirait magnifiquement sur le site d'extrême visibilité de la Doa, à l'entrée de la métropole stéphanoise, devant le musée d'art moderne. Ainsi, non seulement la conservation et la mise en interprétation de la Manufacture Impériale ne gêne en rien la réalisation du Centre du Design mais, au contraire, elle y apporte l'enrichissement d'un voisinage d'un exceptionnel intérêt.
La protection est donc bien le cadre adapté à la pleine expression des atouts locaux, métropolitains et régionaux. La mission de Saint-Etienne Métropole est de chercher des éléments nouveaux de développement pour son territoire ; la D.R.A.C accomplit la sienne en désignant les édifices qui doivent être culturellement respectés. C'est pourquoi nous demandons de plus fort que soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la C.R.P.S. en janvier prochain, l'inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne, dans son ensemble.
En vous remerciant pour votre attention, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre entière considération.
2.4 Au Directeur de l'architecture et du patrimoine
2.5 Au Président du Conseil régional
Saint-Etienne, le 1er mars 2005
Manufacture Impériale d'armes de Saint-Etienne / Cité du design
Monsieur le Président, La méthode utilisée lors de la séance du 18 février 2005 a abouti à travestir et marginaliser l'analyse et l'action de nos associations, ce qui nous a profondément choqués, mais aussi de nombreux groupes sociaux et d'ignorer l'opinion citoyenne stéphanoise sur la question double Manufacture Impériale / Cité du design. Nous osons espérer que votre tactique découle d'une information sur le sujet qui vous a été ou mal ou pas fournie. Si la région est à l'écoute des associations, comme elle l'annonce fortement, cette lettre a pour but de vous faire connaître notre réelle position.
Pour l'instant, rien n'est acquis dans ces 3 domaines. Le positionnement conceptuel de ce projet n'est pas assuré.
Ne peut-on pas plus positivement placer la « Platine » de l'architecte Finn GEIPEL sur Par ailleurs, depuis mars 1997, nous avons sollicité de la DRAC l'examen de la protection de la Manufacture Impériale, à la même époque, celle-ci nous a confirmé l'intérêt du site et nous a renouvelé qu'elle avait ouvert une procédure de protection en 2001. Nous avons tenus, une nouvelle fois, et de façon détaillée, à vous apporter des informations pour que vous n'ignoriez pas dans quel contexte le Conseil régional entend procéder au soutien du projet dans son état critiquable actuel. Pour ce qui est des prises de position des personnes : Pour revenir au Centre de design et pour conclure ; Dans ces attentes, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de notre parfaite considération.
Réponse de Mr Queyranne ( Président du Conseil régional )
2.6 Compte rendu du rendez-vous.
Manufacture Impériale de Saint-Etienne Compte rendu du rendez-vous à la DRAC le 7/12/2004 Présents :
La première question posée à M. LAGRANGE par les associations est : M. LAGRANGE répond :
Les associations ont répondu :
M. LAGRANGE précise qu'il existe à la DRAC 800 dossiers de protection ouverts ce qui ne signifie pas que tous vont aboutir et qu'actuellement, il y avait 2000 monuments protégés en Rhône-Alpes. Les associations interrogent M. LAGRANGE sur le point de savoir si, parmi ses 2000 monuments, il existe un ensemble monumental Second Empire. M. LAGRANGE n'a pas de réponse à cette question. Les représentants des associations indiquent à M. LAGRANGE que, lors de nos nombreux contacts avec les collectivités, celles-ci nous objectent systématiquement que ce n'est pas à elles à apprécier si un monument doit être conservé et qu'actuellement les instances compétentes ne leur ont donné aucune indication à ce sujet. M. LAGRANGE estime que ce type de position est une manière facile de se dédouaner de ses propres responsabilités, que les collectivités ont parfaitement connaissance de l'intérêt du monument. Les associations interrogent, sans réponse, pour savoir sous quelle forme les collectivités ont pu être informées de cet intérêt. Les associations informent M. LAGRANGE que, dans le cadre des contacts pris au hasard auprès des Stéphanois, elles observent qu'actuellement encore un grand nombre ne sont pas informés du risque encouru par la Manufacture Impériale de Saint-Etienne. Que si, par malheur, la Manufacture Impériale devait être décapitée, il faut s'attendre à un mouvement d'opinion et les responsabilités seront recherchées. Les représentants des collectivités ne manqueront pas alors de dire qu'ils ont sollicité l'avis de la DRAC et que celle-ci leur a donné carte blanche. M. LAGRANGE indique qu'au fond ce qui est important, c'est de porter un regard attentif sur les bâtiments arrière, très intéressants. Les associations lui indiquent que, le même mécanisme actuellement en cours pour les bâtiments avant, se reproduira sans doute pour les bâtiments arrière, que surtout dès l'instant où l'on laisse détruire la partie en relation directe avec l'urbanisation de la ville, porter attention à ce qui aura perdu sa cohérence et sa lisibilité reviendra à la célébration d'un corps mort, que les associations ne se prêteront pas à ce type d'exercice. M. LAGRANGE indique également que l'architecture est une chose mais que le plus important est d'engager un travail universitaire sur la mémoire économique et sociale de la Manufacture. M. TROTON répond que c'est la vocation même des Amis du Vieux Saint-Etienne, que son association travaille en permanence avec les universitaires et que ce travail existe. M. LAGRANGE conclut la réunion en indiquant qu'il ne manquera pas de faire remonter auprès de ses supérieurs hiérarchiques, M. le Préfet de Région et M. le Ministre, la nature de cet entretien.
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